Les robots-influenceurs : Démarche artistique ou simple effet de mode ?

Les robots-influenceurs :

Démarche artistique ou simple effet de mode ?

C’est une découverte totale pour ma part : les nouveaux robots influenceurs. Vous n’en avez pas entendu parler ? Un matin, en me baladant sur Instagram (activité matinale plutôt prosaïque, je vous l’accorde) je tombe sur le compte d’une jeune influenceuse beauté. Jusqu’ici, rien de bien nouveau : Une jeune fille, répondant à tous les critères de beauté de la toile qui s’affiche avec un sac à main chanel dans des postures « instagramables ». Pourtant, un détail a soulevé mon attention : quelque chose de faux se dégageait de son visage, ses expressions (je ne parle pas de chirurgie) comme si l’image était fausse mais assez réaliste pour semer le doute…

Humanoïde et réseaux sociaux, un phénomène viral

Cette jeune fille, Lil Maquela n’existe tout simplement pas ! Après quelques petites recherches, je découvre qu’il s’agit en réalité d’une pure invention, d’un humanoïde qui pèse tout de même son poids avec plus de 1 000 000 000 followers. Arrivée sur les réseaux en 2016, le feed Instagram de la bloggeuse mode se rempli petit à petit. On y trouve de tout : des selfies, des photos de groupes, des vidéos… La personnalité existe et dépasse même les frontières du virtuel. La jeune fille s’exhibe avec plusieurs célébrités, devient même une icone auprès du jeune public.

Alors ma question est bien évidemment la suivante : Est-ce un projet artistique ou simplement une initiative commerciale ?

La personnalité n’existe d’ailleurs pas que sur Instagram. On retrouve des tubes musicaux disponibles gratuitement sur Spotify du jeune Robot, une marque de vêtement, une collection de bijoux également. L’intérêt commercial est clairement visible. Mais les intérêts sociologiques ne peuvent être mis de côté.

Un but commercial bien identifié…

Nous pouvons parler d’un autre exemple purement commercial. L’idée d’une égérie humanoïde avait déjà créer par Kenzo qui avait eu recours à la création d’une mannequin 2.0 appelée Knola. L’objectif était d’incarner au mieux les valeurs et la vision de la marque.

Il n’était pas forcement question de lui créer un compte spécifique sur les réseaux sociaux, mais son image était par exemple projetée sur des écrans lors de défilés.

A la base, ces initiatives ont toutes un objectif commercial. Lil Miquela est une initiative de l’entreprise Brud, tout comme son frère Blawko. Ces influenceurs virtuels représentent un énorme potentiel. Ils sont contrôlables à 100%, toujours beaux, présentables et ne se fatiguent évidemment jamais.

Derrière ces avatars, l’identités des créateurs restent un mystère, ce qui évidemment fascine et attire de nouveaux publics en permanence. Bien évidemment, il y a un danger important : certains (les plus jeunes) peuvent considérer une icone numérique comme un modèle et comprendre l’univers fictionnel avec la réalité.

Au potentiel artistique grandissant !


Et forcément, qui obtient de la visibilité… Diffuse ses idées ! L’an dernier, le compte de Lil Miquela s’est clairement placé en faveur du mouvement « Black Lives Matter ». Les opinions politiques ne sont donc pas laissées de côté.
De même, l’avatar Shudu Gram a été créé par le photographe britannique Cameron-James Wilson en avril 2017. Représentant une femme noire, il s’agit du premier mannequin virtuel. Les points de vue ont néanmoins été divergeant : le monde de la mode ne représente pas véritablement une grande diversité, donc quand un mannequin virtuel obtient des contrats que de véritables mannequins n’arrivent pas à avoir, un nouveau problème semble s’imposer. 

En revanche, de nombreuses valeurs positives se diffusent. Si nous reprenons l’exemple de l’icone de Kenzo, projetée en fond de ses shows, on s’aperçoit que Knola parle quartes langues différentes et communique autour de l’écologie. Kenzo a également présenté la vision du futur par Knola, pour imaginer le monde en 2050.


Le mot de la fin

Le concept prédomine du côté commercial pour l’heure. En revanche, comme nous venons de le montrer, les robot dispose d’un véritable pouvoir de persuasion. Un avatar pourrait donner plus de visibilité aux minorités et les idées diffusées par un humanoïde aurait véritablement le pouvoir d’influencer l’opinion public autant dans le bon, que dans le mauvais sens évidemment. L’invention étant très récente, il n’existe à ce jour encore aucune étude un peu sérieuse sur les effets sociologiques induits. Encore une fois, c’est une affaire à suivre et de très prés !


Bibliographie & Sitographie

[Lien Article] « Et si les influenceurs virtuels mettaient au chômage les influenceurs ?« , 2018.

[Lien Article] « Homme VS Robots : le défi du marketing d’influence« , Julie Dao Duy, 2018.

[lien Article] « Les Robots ou les nouveaux influenceurs d’Instagram »,2020.

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